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Défiguration de site internet, que faire ?

Publié le 21 janv. 2020

défiguration défiguration de site web

2109 Temps de lecture : 10 min

La défiguration de site web est l’altération par un pirate de l’apparence d’un site Internet, qui peut devenir uniformément noir, blanc ou comporter des messages, des images, des logos ou des vidéos sans rapport avec l’objet initial du site, voire une courte mention comme « owned » ou « hacked ».
La défiguration est le signe visible qu’un site internet a été attaqué et que l’attaquant en a obtenu les droits lui permettant d’en modifier le contenu. Durant l’attaque, le site n’est souvent plus utilisable, ce qui peut entraîner des pertes directes de revenus et de productivité. Par ailleurs, en étant visible publiquement, la défiguration démontre que l’attaquant a pu prendre le contrôle du serveur, et donc, accéder potentiellement à des données sensibles (personnelles, bancaires, commerciales…) : ce qui porte directement atteinte à l’image et à la crédibilité du propriétaire du site auprès de ses utilisateurs, clients, usagers, partenaires, actionnaires…

But recherché :

Démontrer une prise de contrôle du site et le faire savoir avec différents objectifs : la recherche de notoriété, la revendication politique ou idéologique, l’atteinte directe à l’image du site, et/ou le vol d’informations sensibles.

1. Défiguration de site web : Quelles sont les mesures préventives ?

  • 1. Appliquez de manière régulière et systématique les mises à jour de sécurité

    du système d’exploitation et des logiciels installés sur vos serveurs.

  • 2. Ayez un pare-feu correctement paramétré :

    fermez tous les ports inutilisés et ne laissez que les adresses des machines indispensables accéder aux fonctionnalités d’administration du site.

  • 3. Consultez régulièrement les fichiers de journalisations (logs)

    de votre pare-feu afin de détecter toute tentative d’intrusion, ainsi que les logs de vos serveurs exposés pour identifier tests de mots de passe suspects en particulier.

  • 4. Vérifiez que les mots de passe sont suffisamment complexes et changez régulièrement,

    mais également que ceux créés par défaut sont effacés s’ils ne sont pas tout de suite changés.

  • 5. Sensibilisez les utilisateurs à ne jamais communiquer d’éléments d’accès

    administrateurs et d’authentification à un tiers non identifié (ingénierie sociale, hameçonnage, etc.)

  • 6. Ne conservez pas de manière accessible la liste nominative des personnes possédant les droits

    d’administrateur sur le serveur.

2. Que faire si vous êtes victime ?

  1. Débranchez si possible d’Internet la machine touchée. Pour cela, débranchez le câble réseau Ethernet de votre ordinateur ou de votre serveur, ou bien désactivez la connexion Wi-Fi de votre appareil.

  2. Conservez les preuves : en cas d’intention de dépôt de plainte, essayez de récupérer ou de faire récupérer par un professionnel les preuves disponibles (fichiers de journalisation (logs) de votre pare-feu, serveur mandataire (proxy) et des serveurs touchés et tenez-les à disposition des enquêteurs. Photographiez au besoin votre écran. Conservez-la ou les machines touchées. Ces éléments peuvent permettre d’obtenir des « traces » du cybercriminel dans le cadre de l’analyse de l’attaque. Ils peuvent également constituer des preuves à valeur juridique en cas de procédures ultérieures.

  3. Réalisez une copie complète (copie physique) de la machine attaquée et de sa mémoire. Effectuez la même opération sur tous les équipements qui ont été touchés. Si vous n’êtes pas en mesure de réaliser une copie physique des équipements touchés, conserver leurs disques durs à disposition des enquêteurs car ils seront utiles pour leurs investigations.

  4. Identifiez les éléments sensibles : tentez d’identifier ou de faire identifier tous les éléments sensibles (bases de données, etc.) qui ont pu être copiés ou détruits. Si le serveur touché contenait des données personnelles et que l’incident entraîne une violation de données personnelles pouvant constituer un risque au regard de la vie privée des personnes concernées, vous devrez notifier l’incident à la CNIL. La CNIL considère comme une violation de données personnelles un cas de défiguration qui entraînerait une fuite, une altération et/ou une indisponibilité des données.

  5. Identifiez ou faites identifier le vecteur qui a permis de prendre le contrôle de la machine : il s’agit de déterminer précisément comment et par quel moyen l’attaquant a pu prendre le contrôle de la machine ciblée. Les cas les plus fréquemment rencontrés sont : l’utilisation par le cybercriminel d’un mot de passe d’administration trop simple ou par défaut qui n’aurait pas été changé, un défaut de configuration du site qui a permis de s’y introduire, l’utilisation d’une faille de sécurité souvent connue et non corrigée, etc.

  6. Déposez plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie dont vous dépendez. Vous pouvez également adresser votre plainte par écrit au procureur de la République du tribunal de grande instance dont vous dépendez en fournissant toutes les preuves en votre possession.

    Si vous êtes un particulier, vous pouvez être accompagné gratuitement dans cette démarche par une association de France Victimes au 116 006 (appel et service gratuits), numéro d’aide aux victimes du ministère de la Justice. Service ouvert 7 jours sur 7 de 9h à 19h.

  7. Corrigez les failles de sécurité et changez tous les mots de passe : lorsque vous aurez repris le contrôle de la machine touchée, corrigez toutes les failles de sécurité (tous nos conseils pour gérer au mieux vos mises à jour) et changez tous les mots de passe (tous nos conseils pour gérer au mieux vos mots de passe) avant de la remettre en ligne pour éviter que les individus malveillants ne parviennent de nouveau à en prendre le contrôle.

  8. Contactez votre hébergeur : si votre site Internet défiguré est hébergé chez un hébergeur, contactez-le pour qu’il prenne les mesures nécessaires à la résolution de l’incident.

  9. Faites-vous assister au besoin par des professionnels qualifiés. Vous trouverez sur www.cybermalveillance.gouv.fr/diagnostic des professionnels en sécurité informatique susceptibles de pouvoir vous apporter leur assistance.
En fonction du cas d’espèce, les infractions suivantes peuvent être retenues :

L’incrimination principale qui peut être retenue ici est celle de l’entrave à un système de traitement automatisé de données (STAD ou système d’information).

Les articles 323-1 à 323-7 du code pénal disposent que :
• « le fait d’accéder ou de se maintenir, frauduleusement » dans un système de traitement automatisé de données (par exemple en utilisant le mot de passe d’un tiers ou en exploitant sciemment une faille de sécurité);
• « le fait d’introduire frauduleusement des données » dans un système de traitement automatisé de données. Ce texte peut s’appliquer dans le cadre de la défiguration de site. La défiguration désigne la modification non sollicitée de la présentation d’un site Web, à la suite d’un piratage du site ;
• Le fait « d’extraire, de détenir, de reproduire, de transmettre, de supprimer ou de modifier frauduleusement les données » d’un système de traitement automatisé de données. La copie frauduleuse de données (souvent improprement qualifiée de « vol » de données) pourra être donc sanctionnée sur ce fondement ;
• « le fait d’entraver ou de fausser le fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données »;
• Les tentatives de ces infractions sont punies des mêmes peines.

En fonction du cas d’espèce, les peines encourues sont de deux à sept ans d’emprisonnement et de 60 000 à 300 000 euros d’amende.

Pour informer et sensibiliser les publics sur les menaces numériques, Cybermalveillance.gouv.fr met à disposition divers contenus thématiques : des supports variés pour  comprendre les cybermenaces et savoir comment y réagir, ainsi que des bonnes pratiques à adopter pour assurer votre sécurité numérique.
> Consulter la liste de l’ensemble des ressources mises à disposition par le dispositif.

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